Carnets sur sol

mercredi 1 juin 2011

[inédit] André CAMPRA - Hippodamie (1708) - fin de l'acte I (Pélops)

Nouvelle publication de la chaîne YouTube de Carnets sur sol

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Commentaires en français ici : http://operacritiques.free.fr/css/index.php?2011/06/01/1735

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Hippodamie est le second ouvrage, après Philomèle (1705) de Louis de La Coste, sur un livret du même Pierre-Charles Roy, à initier une grande période de tragédie en musique à la fois noire et italienne.

On a longuement développé ces deux catégories dans :
- la notule introductive à la série ( http://operacritiques.free.fr/css/index.php?2011/04/02/1693 ) autour de Philomèle (historique de la tragédie lyrique réellement tragique) : http://operacritiques.free.fr/css/index.php?2011/03/31/1691 ;
- la notule qui présente le sens de l'italianisme musical dans la France baroque : http://operacritiques.free.fr/css/index.php?2011/05/24/1726

Si Philomèle marquait l'imposition d'un genre librettistique, Hippodamie constitue une rupture par l'italianisme de sa musique et la grande place faite au récitatif. Vous pouvez remarquer, au demeurant, les contrechants à l'orchestre pendant cet air (style "concertant" à l'italienne), ainsi que son caractère très récitatif, en particulier la fin qui ne suit plus une courbe mélodique conjointe, et ce au profit d'une grande vérité prosodique, pour mettre en valeur la déclamation.

On entend aussi fort bien l'hésitation entre majeur et mineur, caractéristique de ce langage français depuis Lully, mais particulièrement poussé ici, et même une hésitation entre plusieurs modes mineurs (avec ou sans sensible) - autrement dit, les gammes sont comme instables.

De façon inhabituelle, le héros (Pélops, fils de Tantale) est tenu par une basse alors que sa renommée n'est pas plus héroïque que galante. D'ordinaire, on réserve la voix de basse à Roland, Hercule ou Tancrède, qui sont, eux, traditionnellement des basses-tailles - malheureux en amour et souvent dupés, au demeurant. Lorsque le héros est amoureux et triomphe (si l'on excepte l'essai de Cadmus, un rôle de type taille, comme Tancrède, donc en clef de fa mais plus aigu), on a plutôt, d'ordinaire, comme Bellérophon, Persée ou Amadis, une haute-contre pour les héros amoureux, même lorsqu'ils produisent de hauts exploits. Question également abordée ici : http://operacritiques.free.fr/css/index.php?2011/03/31/1691

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On situe ici à la fin de l'acte I (vous en entendez les dernières notes), où Pélops envisage, malgré la cérémonie funèbre pour les derniers prétendants à la main d'Hippodamie, de se confronter à l'épreuve équestre imposée par le roi Œnomaos.

L'image est tirée de l'édition manuscrite faite par Philidor.

Précision habituelle à apporter : l'enregistrement que je propose est un document, pas un produit fini qui serait exempt de défaut. Je m'accompagne en même temps que je chante, sur un instrument de plus totalement inadéquat : aussi il s'agit plus de donner accès à l'aspect général et à l'esprit de l'oeuvre que d'en fournir une version complètement honnête et aboutie.
Et cette fois-ci, je travaillais en lisant six portées (voix + 5 à réduire à vue en 2 pour le clavier) et assez loin de ma tessiture, ce qui ne facilitait évidemment pas la tâche pour un rendu exemplaire.

(Merci à J. L. qui a rendu l'exercice possible en réalisant à mon intention une édition avec système de clefs modernes !)

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_Livret_

PÉLOPS

Amants dont nous plaignons le sort
Vous n'êtes pas les plus à plaindre ;
Aimer sans espoir, se contraindre,
Est un tourment plus cruel que la mort.
Amants dont nous plaignons l'effort,
Vous n'êtes pas les plus à plaindre.

L'amour m'a fait sentir ses plus funestes coups
À l'objet de mes feux, je ne puis plus me taire ;
Mânes de mes rivaux, n'en soyez point jaloux :
J'ai vu couleur ses pleurs pour vous,
Votre amour désormais ne saurait lui déplaire.
Hélas ! mon aveu téméraire
Va peut-être aujourd'hui m'attirer son courroux !

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Disclaimer : Amateur recording (interpretation and sound). Moreover, I am playing and singing at the same time, reducing while I am playing 5 musical lines into 2, which is not very helpful to do this correctly. It does not pretend to be an honest version of the score : it is only made to give some idea of rare repertoire. Not to propose a reference.

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