Carnets sur sol

dimanche 8 mai 2011

[inédit] Richard Wagner - Die Walküre en français - Der Männer Sippe / Tous nos parents, réunis

Nouvelle publication de la chaîne YouTube de Carnets sur sol

Poursuite des investigations dans la "Valkyrie", telle que graphiée par Wilder.

Présentation lisible ici : http://operacritiques.free.fr/css/index.php?2011/05/08/1718

Cet extrait existe par Germaine Lubin (dont je n'aime au demeurant pas du tout la diction très molle), mais elle omet le magnifique récitatif d'entrée.
http://www.youtube.com/watch?v=08rII9NRq-g

D'où l'intérêt de proposer la courte séquence, même avec les moyens du bord.
Je me suis dispensé d'enregistrer la suite où il est malcommode de chanter des sol tenus éclatants tout en jouant un accompagnement très touffu et saccadé... Pour cela, vous serez clairement en bonne compagnie avec Germaine Lubin.

Mais ainsi, vous disposerez de l'ensemble de la scène. Le texte de Victor Wilder opère quelques variantes (les parents des époux, ce n'est pas tout à fait la même chose que l'assemblée des hommes de Hunding), mais reste globalement très fidèle à la lettre, avec un plus une belle élégance - la qualité du vocabulaire et des rimes est assez remarquable.

Prosodiquement, du superbe travail. Vraiment, il faudrait redonner cela avec des chanteurs un peu diseurs, ce serait extraordinaire.

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En lisant le texte, je crois qu'on se rend mieux compte de toute sa force poétique, pour un résultat assez supérieur au raide vers allitératif d'origine, et sans perdre non plus la dimension archaïque du mythe :

SIEGLINDE

Ecoute bien, ce que je vais t'apprendre !

Tous nos parents, groupés autour de nous
Fêtaient nos tristes fiançailles ;
Des gens sans coeur et sans entrailles
M'avaient vendue à mon époux.
Pâle et sans voix je les regardais boire ;
Un homme alors franchit le seuil :
Drapé dans une cape noire,
Sous sa large coiffure, un oeil
Se dérobait dans l'ombre,
Mais l'autre plein d'un feu sauvage et sombre
Lançait à tous un regard de défi.
S'il s'arrêtait sur moi tout à coup radouci
L'oeil du vieillard semblait se voiler d'une larme.
Dans sa droite, il tenait une arme,
Un glaive au tranchant acéré ;
D'un mâle effort et d'un bras assuré,
Il l'enfonça dans le coeur de ce frêne,
L'offrant à qui pourrait l'arracher de sa gaine.
Les plus hardis et les plus forts
Voulurent tenter l'entreprise ;
Fol espoir, inutiles efforts,
La lame, hélas, restait prise
Aux fibres tenaces du bois.
Vierge toujours, elle est là, tu le vois !
Alors j'ai lu dans la pensée
De cet étrange visiteur,
Et j'ai compris, qu'à mon vengeur,
Sa main destinait cette épée !

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Disclaimer : Amateur recording (interpretation and sound). Moreover, I am playing and singing at the same time (all roles), which is not very helpful to do this correctly. It does not pretend to be an honest version of the score : it is only made to give some idea of rare repertoire. Not to propose a reference.

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