Carnets sur sol

mercredi 2 février 2011

Le journal de l'économie : vers la fin des Majors ?


La majorité du capital d'EMI vient de passer entre des mains américaines. Les spécialistes annoncent que Warner serait sur les rangs pour le rachat.

Pas pour récupérer les bobines libres de droits de Maria Callas ni pour prendre le contrôle de la carrière discographique de Tony Pappano, évidemment. Mais ce n'est pas une très bonne nouvelle pour les amateurs de classique, puisque la politique de Warner avec ses firmes rachetées (Teldec et Erato en particulier) se limite, après des années de vide absolu, à quelques rééditions peu chères du fonds de catalogue.
Pas beaucoup d'audaces à venir et en particulier l'arrêt de certains filons serait à prévoir (Pappano, Bostridge, etc.).

Mais comme il ne s'agit que d'interprètes, finalement (et qui ont suffisamment de notoriété pour se faire produire par d'autres voies), on s'en moque assez. Le modèle Hyperion-CPO-Timpani, s'il parvient à équilibrer ses comptes, a donc encore de l'avenir pour l'amateur de musique classique...

De toute façon, progressivement, on s'achemine vers le développement de l'autoproduction des maisons d'Opéra et des orchestres, et vers le retrait des Majors vers les secteurs les plus juteux de leur exercice. Ce n'est pas une catastrophe vu l'état pléthorique de l'offre discographique, qui risque ne pas être aussi abondante et variée qu'aujourd'hui de toute éternité. Et ce ne sont pas les Majors, assurément pas, qui contribuent à cette diversité de répertoires et d'approches.

4 roulades

T-A-M de Glédel — 3 février 2011

Pour reprendre les termes à la mode :

- « Major, Dégage »
- « Qu’ils crèvent »

Plus.Sérieusement. Quel est l'intérêt de Warner s'il s'agit de laisser dormir la marque ?

DavidLeMarrec — 3 février 2011

De récupérer les trucs qui font du pèze : le rock et la pop "historiques". Pour le classique, s'il font comme précédemment, il se contenteront d'arrêter toutes les nouvelles publications et de rééditer à prix très doux le fonds pour l'amortir.

Cela dit, vu ce que fait EMI actuellement (nouvelles versions, certes souvent intéressantes, d'oeuvres déjà très bien servies), ce ne sera pas non plus une perte incommensurable : à part les quelques disques Adès (Living Toys, The Tempest), et un splendide disque insoupçonnable (musique de chambre expérimentale de Gade et Nielsen !!) je vois peu de choses neuves et essentielles publiées ces dernières années.

Ouf1er — 6 février 2011

"... je vois peu de choses neuves et essentielles publiées ces dernières années."

Non, parce qu'en fait, la majorité des nouveautés classiques sont parues sous le label Virgin Classics, au sein d'EMI, et non sous la marque EMI originale, qui se concentre sur les musiques "populaires".

DavidLeMarrec — 6 février 2011

C'est vrai... mais même en Virgin Classics, il y a eu de très belles nouvelles versions d'oeuvres déjà bien servies au disque (tous les Haïm, par exemple), mais pas vraiment de découvertes fabuleuses (ou même de références ultimes pour des piliers du répertoire).

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