Carnets sur sol

mercredi 27 janvier 2010

Van Dyck en légendes


Devant l'immense succès recueilli par un rare Ibsen, une petite fantaisie picturale sans conséquence pour ce soir (cliquez pour agrandir) :


Steady-steady, chum, it hurts.


[Antoon van Dyck, Saint Sébastien secouru par les anges.
Conservé au Musée du Louvre - aile Richelieu, deuxième étage.]


La grimace appliquée du putto est absolument délicieuse, van Dyck excellait dans ce type d'exercice, comme en atteste cet autre tableau (qui contrairement aux apparences n'est pas un détail coupé) auquel on pourrait appliquer la même légende en inversant les rôles.


[Antoon van Dyck, Le Temps coupant les ailes de l'Amour.
Conservé au musée Jacquemart André à Paris.]


Les contorsions du putto sont assez atroces de cruelle crudité, et pourtant ces braillages joufflus ont quelque chose de toujours réjouissant et d'assez drôle, comme s'ils étaient joliment douillets.

On trouve aussi des jeux assez divertissants dans son Armide sur laquelle on reviendra peut-être dans quelque temps.

6 roulades

vartan — 28 janvier 2010

Tellement plus intéressante la deuxième toile... Exercice de style sans couleurs aussi relevées que pour le précédent tableau mais aux bruns magnifiques, la complexité des poses qui sont ici bien moins maniérées que plus haut, les jeux complexes de géométrie qui devraient déstabiliser le cadrage (la diagonale décalée du tronc d'arbre, la faux qui délimite l'espace réservé au Temps...). Une vision épurée de la scène où le symbolisme m'émeut plus que la contemplation des souffrances alanguies et masochistes du premier. Pauvre bambin... :'-(

DavidLeMarrec — 28 janvier 2010

Indépendamment de la qualité (Armide, c'est mieux que les deux réunis !), les deux me mettent en joie, je trouve van Dyck toujours très inspiré pour les putti. :)

Simon — 31 janvier 2010

Les deux ne révèlent pas des mêmes enjeux, jouent dans une cour tout à fait différente.
Le deuxième possède une véritable intensité dramatique, accentuée par une saturation chromatique, pas de couleurs primaires ni secondaires, de l'urgence dans l'action. Le premier, lui, par les couleurs (deux couleurs primaires), est déjà beaucoup léger, il y a quelque chose d'assez caustique dans ce tableau, parce qu'à la fois il s'agit de blessures et de douleurs, mais le geste du bambin qui s'applique sort la composition de toute idée de pathétique, ce qui fait tout le charme du tableau.
Délectable.

DavidLeMarrec — 31 janvier 2010

Oui, très différent, et la 'bulle' ne serait pas à prononcer sur le même ton. Les deux ont tout de même une charge badine qui me séduit beaucoup. Avec, comme tu le dis, un pathétique à peu près nul pour le premier, puisque saint Sébastien n'est plus mort et que le sujet du tableau est de toute façon le putto lui-même ; et beaucoup plus intense pour le second, sans aucune concession dans le coloris, sans aucune distraction par des figures secondaires.

Pourtant, le sujet allégorique du second (vraiment abstrait !) serait en principe beaucoup moins sombre et poignante qu'une scène de martyre.

lou — 3 février 2010

Ravissant rapprochement, où l'on comprend pourquoi le fils de Guillaume Tell n'a jamais eu les honneurs de la cimaise.
Et excellent Calderón, je ne connais que le texte.

DavidLeMarrec — 4 février 2010

Avelu,

Tout est dans le texte, c'est comme pour les partitions.

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