Carnets sur sol

jeudi 10 décembre 2009

Sale réputation


La plupart des arrivées (assez nombreuses) sur CSS autour de Carl Orff sont avec les mots : Carl Orff nazi.

Il y a des trucs qui collent à la peau.

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Malheureusement, ces nouveaux lecteurs tombent sur un article un peu descriptif et abstrait, et manquent tout de même le véritable chef-d'oeuvre écrit pour les jeux de 36.

Google est à blâmer pour ce manque flagrant de clairvoyance.

5 roulades

Tar-Van — 10 décembre 2009

Je découvre avec Google ce site merveilleux où l'on trouve une cave et des chats à fouetter. Je suis déjà passé hier, votre référencement n'en sera que meilleur.
Toutefois, il est vrai que Google ne donne pas toujours les bonnes sources.

DavidLeMarrec — 10 décembre 2009

Oui, les sources sérieuses sont structurellement défavorisées, merci de rétablir la vérité. Par chez vous, on vous appelle Lou Filou, c'est cela ?

lou — 10 décembre 2009

Je viens de vous classer dans les Pas-Fourbes malins, oui.

Papageno — 10 décembre 2009

J'ai joué ou plutôt subi les "Carmina burana" en orchestre et c'est vrai que c'est horriblement bourrin. Et complètement païen. A part le requiem de Verdi ou celui de Berlioz on a rarement fait pire. Mais le fait est là: plus c'est bourrin, plus ça plaît au public.

Pas étonnant que les nazis raffolaient de Carl Orff (même si la réciproque n'était que partiellement vraie) (et hop: +1 pour le ranking dans google, ça aussi c'est bourrin :)

DavidLeMarrec — 10 décembre 2009

Je n'aime pas démesurément le Requiem de Berlioz, mais est-ce qu'on peut vraiment le comparer (sans parler de celui de Verdi, avec la justesse dramatique et l'inspiration constante, pour chaque 'numéro') à cette chose bizarre ? Il faut savoir qu'Orff en était très fier et considérait qu'il s'agissait d'un chef-d'oeuvre de l'histoire de la musique. Il a d'ailleurs écrit toute sa vie, quoique avec plus de variété et de subtilité, dans ce genre un peu simpliste et frappant.

Le public aime ça, parce que ça procure des sensations primales, c'est une attente différente du classique habituel, ça rejoint plus le côté physique des musiques amplifiées. C'est aussi un déficit d'éducation : beaucoup de classiqueux arrêtent d'écouter ça s'ils l'aimaient avant (c'est mon cas, au début c'était sympa par extraits, à présent, sans le trouver insupportable ou indigne, ça me paraît bien pauvre). Parce que c'est assez mal écrit en fin de compte.

Pour ce qui est des nazis, effectivement le côté païen et pétaradant de cette musique allait bien avec l'esthétique va-t-en-guerre du régime, mais pour les jeux olympiques de 1936, on voit bien qu'il était capable d'écrire, dans un style archaïsant plus grec que pseudo-médiéval, des choses bien plus gracieuses (quoique toujours aussi furieusement répétitives). C'est cependant, je le crois, un vrai précurseur des minimalistes et autres néo- de tout poils ; on retrouve beaucoup de ses recettes chez Kancheli, par exemple.
Il a au moins pour lui d'avoir inventé une esthétique originale qui lui est propre. (Un peu comme Holst : c'est ennuyeux, mais c'est inventif.)

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