Carnets sur sol

vendredi 22 mai 2009

Hommage à Didier Da

Qu'il se console, il y a des panthéonisés qui font ça très bien aussi.

D’Artagnan, resté seul avec Mme Bonacieux, se retourna vers elle : la pauvre femme était renversée sur un fauteuil et à demi évanouie. D’Artagnan l’examina d’un coup d’œil rapide.

C’était une charmante femme de vingt-cinq à vingt-six ans, brune avec des yeux bleus,

Tout est sans doute dans la savante nuance du demi- — j'imagine que c'est là qu'on reconnaît les grands écrivains. Mais j'aimerais être sûr que ce soit vraiment le critère déterminant — si quelqu'un pouvait confirmer...

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Et on remarquera au passage que les préoccupations de Dumas ne sont pas celles de Maeterlinck...

Mais, continua d’Artagnan, comment vous êtes-vous enfuie ?

23h21

7 roulades

Didier da — 23 mai 2009

Eh eh ! Nul n'est à l'abri. Et l'hémipâmoison a son charme.
(Mais Dumas est une mine, apparemment. Cf. l'inoubliable "Ah ah ! s'écria Don Manuel en portugais"...)

DavidLeMarrec — 23 mai 2009

Oui, il y en a pas mal, des phrases un peu tarabiscotées qui suivent la pensée en oubliant leur début, ou bien des dialogues difficiles à attribuer, etc.

Je ne suis pas un inconditionnel de Dumas de toute façon, mais c'est tout de même amusant, y compris pour les chevilles. Ce serait sans doute une excellente introduction aux figures de styles, parce qu'il n'en fait pas une sans signaler explicitement qu'il la fait, un vrai petit manuel de rhétorique.

DavidLeMarrec — 23 mai 2009

En cherchant un peu, on en trouve aisément. Il y a celles qui sont les phrases obscures, dont on peine à débrouiller la répartition des actions, ou le sens de la syntaxe ; et puis celles qui sont tout de bon amusantes.

« Eh bien, pensait d’Artagnan, [...]
– Sans compter, monsieur, répondait Planchet,


Et encore plus fort :

Après chaque coup, il devait coincer sa carabine à répétition entre ses genoux pour la recharger.

Licida — 7 juin 2009

Moi aussi, moi aussi j'en connais une! Mais je ne sais plus de quel opus elle est tirée:

"Il monta quatre à quatre les 3 marches du perron."

Huhu!

DavidLeMarrec — 7 juin 2009

Bonjour Licida !

C'est un plaisir de te lire, d'autant que tu as l'air fort occupé, tu n'as pas signé d'article depuis longtemps. :-(

On pourrait défendre que quatre à quatre est une expression figée qui marque la précipitation, mais il est vrai que ça fait un peut court...
Cette figure de style, ça ne s'appelle pas un enjambement ?

Licida — 7 juin 2009

Oui en ce moment il n'y a guère que Caroline pour faire vivre l'alma oppressa. Je traverse une crise d'inspiration, façon grandiloquente de dire que j'ai la flemme d'écrire en ce moment, et que j'ai le sentiment de me repêter; mais ça reviendra :)

On aurait aussi pu justifier la bourde de Dumas en disant que c'est un adunaton, mais je ne sais pas si l'on peut pousser la pédanterie jusque là... Et puis l'enjambement est bien plus fun!

Bon dimanche électoral!

DavidLeMarrec — 7 juin 2009

Caroline faisant les choses en grand, ma foi, ça vit plutôt bien. :-)

Reviens-nous inspiré, alors ! [Attention, on sera d'autant plus critique : qui es-tu d'abord pour juger ? -<]:o) ]

Mais dis-moi, pour un adynaton, c'est un adynaton au petit pied, parce que convoquer les grands mots pour trois marches qui n'ont même pas la décence d'être groupées par quatre, c'est supposer un grand zèle de la part d'un feuilletoniste (et de Dumas en particulier).


P.S. [non, ceci n'est pas une consigne] : Oui, et vote bien !

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