Carnets sur sol

mercredi 20 mai 2009

Charles MOUTON (v. 1626-1710)



Contrairement à l'illustration proposée par Didier Da, il existe, comme vous le voyez, des versions pour tablature de ces oeuvres, dont la graphie est tout de même intensément fascinante.

On renvoie chez lui pour l'illustration sonore - il ne s'y est pas trompé, en proposant l'une des plus belles pièce de toute l'oeuvre pour luth qui nous soit parvenue de Charles Mouton. On sait peu de choses de lui, sinon qu'il est l'un des principaux maîtres de luth de l'école française - prédécesseur de Robert de Visée (qui a aussi laissé des pièces majeures pour le théorbe).

De ces maîtres, Mouton n'est pas celui qui a le moins de charme, avec des harmonies toujours délicates et des ornementations très soignées. En utilisant la tessiture du luth, plus ramassée que celle du théorbe (sans ses graves), il crée un univers sonore très plein, assez dansant, parcouru de lignes et de contrelignes, souvent trillé.
Il y a quelque chose, peut-être, en moins tarabiscoté, de l'élan du clavecin d'Elisabeth Claude Jacquet de La Guerre.

Sur les quatre livres écrits, deux nous sont parvenus. Ce sont les pièces lentes du second livre qui sont les plus touchantes, de très loin, comme La Mallassis (sarabande) ou Les Amants brouillés (pavane).

Vous pouvez télécharger librement la partition tablaturée de l'intégralité des oeuvres connues de Charles Mouton sur les serveurs de CSS : http://musicontempo.free.fr/mouton_tablatures.pdf .

Il faut entendre la précision raffinée de Hopkinson Smith (Astrée / Audivis) dans ces oeuvres, c'est véritablement un enchantement, une fusion entre deux tempéraments des plus délicieux.

4 roulades

Morloch — 22 mai 2009

Dans la même lignée, il me semble, il est indispensable d'écouter les oeuvres pour luth du "Vieux Gaultier" (Ennemond Gaultier), il eiste aussi un enregistrement par Hopkinson Smith.

DavidLeMarrec — 22 mai 2009

Il me semble que Gaultier est à la fois plus mélodique et d'une plus grande rectitude, sans les contours très apprêtés de Mouton.

Il faut dire que c'est très antérieur, puisqu'il écrit dès la fin du XVIe. J'aime beaucoup aussi. :-)

Morloch — 22 mai 2009

Oui, mais je ne connais pas Mouton, tu donnes encore envie de découvrir quelque chose.

Maledetto !

DavidLeMarrec — 22 mai 2009

Eh bien, tu le joues, les tablatures sont fournies...

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