Carnets sur sol

jeudi 22 janvier 2009

L'humour en musique - III - Zampa et Don Giovanni, 'deux pirates'

[Code : ferdinandherold]

Très rapidement, pendant la préparation de choses plus substantielles.

Pour prolonger nos remarques sur le positionnement évident de Zampa en tant que plaisant pastiche de Don Giovanni, une petite comparaison rapide qui nous a (violemment) frappé lors d'une réécoute.

La façon dont la pénible de service (ici, Ritta, camériste de Camille) est abordée par erreur par le séducteur (ici, le bras droit de Zampa, décalque de Leporello, et non Zampa lui-même) est assez éloquente : une femme en pleurs doit être consolée, et peut-être même plus. Pas de chance, il s'agit d'une ancienne conquête abandonnée qui veut à toute force reprendre le mariage où il en était resté.



Fin de l'air d'entrée d'Elvira dans le Don Giovanni de Da Ponte / Mozart. Version Solti I : Sylvia Sass en Elvire, Bernd Weikl en Don Giovanni, Gabriel Bacquier en Leporello, et le Philharmonique de Londres dans ce qui est peut-être son plus beau disque, d'un hédonisme et d'un investissement très convaincants.


Un extrait de Zampa de Ferdinand Hérold, joué par Yves Abel au Festival de Wexford fin 1993 (le 25 octobre). Avec Jutta Winkler en Ritta, John Daniecki en en Zampa et Valentin Jar en Daniel Capuzzi. L'approche (parlée) de Daniel envers l'aimable Sicilienne était coupée dans la version donnée par Christie / Jonathan Cohen / Deschamps / Makeïeff en mars et décembre 2008, l'enchaînement se faisant directement après l'éloignement de Zampa - un pirhat'. De ce fait, la nature parodique de cette scène était considérablement moins sensible.


Ici, clairement de l'humour de catégorie A1, porté par le texte. Dans cet extrait, la référence à Don Giovanni est structurelle ou psychologique, mais en rien musicale.

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P.S. : Flûte, le Département de Renseignements et d'Espionnage Korriganophile vient de nous faire parvenir une note de service nous informant de ce que nous avions déjà joué à ce petit jeu sur un autre extrait, il n'y a pas si longtemps (deux mois...).

Tant pis, si vous êtes là, c'est que vous avez perdu votre temps à nous lire. On vous avait pourtant bien prévenu quand vous étiez petit d'éviter les mauvaises fréquentations, ne vous en prenez qu'à vous-même.

Si le mp3 n'est pas encore fonctionnel, voyez cette ancienne version de la notule.

4 roulades

Morloch — 23 janvier 2009

Arrive le Fra Diavolo, tu vas bientôt pouvoir faire la triple comparaison !

J'y vais dimanche, miom !

DavidLeMarrec — 24 janvier 2009

C'est plus la comparaison avec le bandit au grand coeur (pas forcément dans tous les sens du terme), stéréotype délicieux du XIXe comme le fut celui (moins avantageux) du turc généreux au XVIIIe, que je vois comme incontournable.

Zampa et Fra Diavolo, c'est tout de même plus proche de la Catarina et de Rebolledo que de Don Giovanni, côté caractère ; le rapprochement vaut surtout pour les situations, entre Zampa et Don Gio, et c'est clairement délibéré.
Remarque bien, la Catarina est aussi noble et déguisée, mais le ressort est trop commun et trop vague pour faire un point commun.

Ouf1er — 26 janvier 2009

à Morloch, qui a vu Fra Diavolo Dimanche...
Alors, pas trop déçu par ce degré 0 de la mise en scène ?
Une véritable honte. Bon, d'accord le livret est simplet et plutôt faiblard, mais quand même, Deschamps n'évite aucun ridicule (les "chorégraphies" du choeur ou de Zerline seule dans sa "chambrette"... Sans parler de la laideur des décors... On espère seulement qu'il ne s'est pas accordé à lui-même un cachet de "metteur en scène" pour cette production, ce qui friserait le scandale.

Rien à sauver de cette production de patronage, si ce n'est un Kenneth Tarver (Fra Diavolo) bien chantant et plutôt stylé, et un choeur homogène et un orchestre pimpant.

DavidLeMarrec — 26 janvier 2009

Je me permets de citer Morloch :

Ca permet d'avoir un peu plus de recul sur les choix faits en matière de mise en scène : très classiques, ne cherchant pas à introduire des éléments de profondeur là où il n'y en a pas. Au risque d'attirer les ricanements et les accusations de ringardisme, car il n'y a pas de grandes idées dans cette mise en scène de Jérôme Deschamps qui semble avoir changé et ne cherche plus cette folie scénique qu'on voyait dans ses spectacles théâtraux. Un plateau d'excellents chanteurs-acteurs, en revanche, tout passe par la performance sur scène.



Il a su prendre cela en bonne part. Je lui ai aussi posé la question, à la mine des décors, j'avais peur de quelque chose de plus proche de l'Etoile (un peu faible) que de l'Enlèvement au Sérail (littéral et impertinent, très chouette) de Deschamps / Makeïeff.

Cela dit, comme le défend Morloch, rendre l'esprit de l'Opéra-Comique, c'est aussi défendre une certaine naïveté.


De mon côté, j'attends de voir, qui sait, ça vaut peut-être Jourdan.

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