Carnets sur sol

lundi 27 octobre 2008

Le disque du jour - XXIII - J.-S. BACH - Suites pour violoncelle - André Lévy

Vinyle semble-t-il non réédité qui contient une intégrale assez étonnante.

Un son assez aigre, un peu geignard, qui accuse son époque.

Et pourtant des attaques très franches, presque brutes, et un sens du chant et de la danse très intéressant. Des accords violents, des rebonds dansants, un legato lyrique - des éléments qui sont d'usage incompatibles, et qui livrent une vision extrêmement complète de ces ensembles.

Peut-être bien une version majeure, dont on pourrait comparer les danses à la gravure vidéo de Maïsky et l'engagement aux dernières versions azimutées de Wispelwey.

Peut-être celle où notre plaisir n'aura jamais été terni par la lassitude de la régularité bachienne : le rubato, sans parler d'inégalité baroque, se trouve au service de la danse, du chant, de l'expression - mais avec une franchise du ton qui exclut toute préciosité.

6 roulades

lou — 27 octobre 2008

Après ton dernier paragraphe, peux-tu, David, nous donner ton commentaire sur Pao Casals (surtout les dernières interprétations).
Nous ne sommes pas des pleutres, nous annonçons que nous aimons - en particulier les irrégularités.

DavidLeMarrec — 27 octobre 2008

Tu me savonnes sérieusement la planche : je n'accroche pas du tout. Le son est granuleux, le phrasé assez carré et un peu scolaire, j'entends beaucoup de scories... Bref, je passe sans doute à côté d'un monument, mais alors j'y passe complètement.

Il existe aussi toute une théorie (y compris chez les pros de l'instrument) comme quoi Casals aurait avant tout su se servir des médias, anticiper sur la mode des festivals, etc. Et qu'il ne serait pas si grand violoncelliste que ça. (Mais enfin, la théorie du complot ne règle pas le problème qu'il est meilleur violoncelliste que moi, malheureusement. :-)


De Casals, je préfère garder le souvenir de la plus belle Cinquième de Schubert que j'aie entendue, d'une fraîcheur et, serait-on tenté de dire, d'une vérité assez extraordinaires, et immanquablement émouvantes.

Tu ne voudrais pas nous parler de ces Suites par Pau, manière d'édifier un peu les mécréants aux oreilles en pointe ?

WoO — 1 novembre 2008

Ce Lévy est-il libre de droits ?

DavidLeMarrec — 1 novembre 2008

Malheureusement, la date ne figure pas sur le coffret, et il a enregistré jusque dans les années soixante-dix - sinon, je l'aurais bien sûr proposé au téléchargement. Si tu veux que je fasse plus ample recherche, tu as mon adresse de courriel, je crois. ;)

Ou alors à ton retour...

WoO — 1 novembre 2008

A mon retour alors :D

Je suis curieux d'y jeter une oreille tout comme je suis curieux de lire ton compte rendu d'Armide (je passe tous les jours pour vérifier) après l'assassinat en règle par le méchant B. :mrgreen:

DavidLeMarrec — 1 novembre 2008

C'est entendu !

Le compte-rendu d'Armide, le compte-rendu d'Armide... hem. Il y a tant à dire, et j'ai une telle liste de choses à traiter, que j'en repousse l'élaboration de jour en jour.

Et comme je l'ai dit chez Licida, celui du Sultan de B. est si bien conçu que, finalement, sans en partager le verdict, je n'ai pas le sentiment d'avoir à ajouter beaucoup sur les attendus.

Maintenant que je sais ton regard pesant porter un jugement sévère sur la légèreté inqualifiable de ma désinvolte conduite, j'avoue que je rougis en frémissant de ma faute...

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