Diaire sur sol crosses over
Où l'on apprend que les lutins ne manquent pas de courage.
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Votre mission, si vous l'acceptez...
Hier, nous fûmes généreusement invités à consulter le bel objet produit pour une chanteuse assez en vogue ces temps-ci, du moins dans les magazines (et les réceptions officielles), Mlle Carla Bruni. [1]
CSS ne reculant devant rien pour accomplir ses missions, nous nous exécutâmes, d'autant plus que notre expertise était réclamée avec gravité - de façon assez gracieuse faut-il ajouter, comment refuser ? L'Oracle se pencha donc sur le berceau du bel objet cartonné, sans amour et haine - mais sans la peine du poète.
On expédie le verdict, dont on se fiche assez :
- musique agréablement écrite, avec une évidence mélodique qui reste suffisamment discrète, avec des atmosphères qu'on peut sans crainte qualifier de tout à fait jolies ;
- textes assez naïfs, voire faibles, pas forcément à la hauteur d'un objet commercialisé - mais qui restent honnêtes, cela dit ;
- arrangements d'un goût très variable, pas franchement enthousiasmants, voire nettement vilains ;
- voix irritante, avec des maniérismes à la limite du supportable (les expirations lascives sur chaque finale féminine, ça va un moment).
Non, ce qui a attiré notre attention, ce fut cette mention sur l'une des pistes : sur des motifs de lieder de Schumann. Cette annonce so chic cache en réalité un décalque de la première pièce des Scènes d'Enfants (pour piano solo...), sur laquelle on a posé des paroles. Ni motifs, ni pluriel, ni lied.
C'est très vilain de mentir.
Notes
[1] Ceci afin de rappeler que traditionnellement, même si l'usage tombe en désuétude, les chanteuses, à l'Opéra, sont appelées Mademoiselle, usage charmant que nous daignons, dans notre mansuétude sans bornes, étendre au genre humain chantant tout entier.
Écrit par DavidLeMarrec , dans Intendance, En passant - brèves et jeux
Tiens, j'avais écouté ce disque gratuitement sur le site -je crois que ce n'est plus possible - et je m'étais posé la question pour le lied de Schumann. On entend bien les premières notes des Scènes d'enfant avec modification du timbre, puis ensuite une chanson gentillette, je me demandais s'il y avait un lien avec un lied de Schumann tout de même, comme annoncé, les paroles, un motif d'accompagnement. Apparemment, tu es comme moi, tu n'en vois pas.