Carnets sur sol

mercredi 25 juin 2008

Enregistrements, domaine public - LX - Beethoven, Deuxième Symphonie - Mengelberg / Concertgebouw

Voilà fort longtemps que les lutins, faute de temps, ont préféré se concentrer sur des notices un peu plus proches des oeuvres que sur des présentations d'enregistrements du domaine public. En principe, nous n'étions pas censés les commenter abondamment, mais enfin, quelle serait la plus-value de CSS s'il s'agissait simplement de charger des documents déjà disponibles en médiathèque ou à petit prix dans le commerce ?

Revoici donc une petite contribution à notre fonds du domaine public, avec la Deuxième Symphonie de Beethoven - notre favorite, du moins si l'on considère que la Cinquième n'est plus audible à force de l'avoir trop entendue, mais il s'agit d'un authentique chef-d'oeuvre de premier ordre.

Vous l'entendrez ici dans une version d'une sauvagerie ravissante, avec les détachés omniprésents, si caractéristiques du style de Mengelberg, qui conviennent à merveille à l'écriture par motifs brefs de Beethoven. CSS ne peut qu'être très sensible à la présence très forte des bois dans cette lecture, ou bien à l'urgence avec laquelle les petites figures y sont traitées.

La prise de son, d'une grande présence, rend assez bien les sensations d'impact en concert, très loin des fresques léchées et un peu abstraites que nous proposent les prises de son Decca.

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Il n'y a guère, dans nos connaissances et nos goûts, que Dohnányi qui puisse prétendre rivaliser pour la très belle entrée en matière (seuls les trilles sont sujets à caution) ; le mouvement lent larghetto, bijou absolu de la production de Beethoven, est très réussi, mais on ne manquera pas de recommander à nos lecteurs l'écoute de la version Szell pour bénéficier de la plus grande profondeur qui soit.

Est-il besoin de s'étendre sur les qualités intrinsèques de l'orchestre ? Nous ne le croyons pas, elles parlent assez nettement par elles-mêmes.

http://musicontempo.free.fr/beethoven_2_mengelberg/

Bonne écoute à vous !

13 mai 2008 10 53 27 [http://musicontempo.free.fr/beethoven_2_mengelberg/] * sauvagerie * détachés * présence des bois * figurettes débridées * prise de son grande présence Le larghetto le plus réussi demeure Szell, mais un trop grand sérieux dans les deux derniers mouvements. L4entrée en matière de Dohnanyi est ici concurrencée très sérieusement, voire battue.

8 roulades

sk†ns — 25 juin 2008

En parfait vulgum pecus, j'ai toujours délaissé les 1,2 et 4. Quelle bonne idée, alors, que cette cette note qui vient rompre une longue séquence d'un désintérêt plus général pour les symphonies du betteravier. On reprendra donc la direction des sommets en commençant par ce "Gasherbrum II".

DavidLeMarrec — 25 juin 2008

Les Première et Quatrième sont sans doute les moins intéressantes de l'ensemble du corpus en effet. La Première parce que la moins personnelle, encore très classique, la Quatrième parce qu'un peu maladroite avec ses ruptures incessantes, une sorte d'expérimentation un peu systématique, mais qui contient de précieuses beautés (le deuxième mouvement en particulier).

A titre personnel, je suis étrangement porté sur les symphonies les plus intermédiaires, 2,5,7 et 8 plutôt que les très novatrices 3, 6 et 9. Mais c'est là question de goût.

beethoven — 21 juillet 2009

Le Septuor de Beethoven, autrefois célèbre, n'est plus souvent programmé pour lui-même. Il réapparaît de temps en temps au concert quand des ensembles alliant cordes et vents veulent jouer du classique. Oubli injustifié?
En 1799, Beethoven approche de la trentaine. Il entend toujours bien et cultive de grandes ambitions artistiques. Il vit une profonde amitié avec Karl Amenda, d'une année son cadet, bon violoniste, protestant et futur pasteur. Il se remet d'une déception amoureuse: son amie d'enfance, la contralto Maria-Magdalena Willmann, l'a éconduit, le trouvant trop laid et à moitié fou, lui préférant le chanteur Galvani. Il fait, au printemps, la connaissance de la famille Brunsvick et donne des leçons à Thérèse, Franz et Joséphine, alors respectivement âgés de 24, 22 et 20 ans, qui compteront beaucoup dans sa vie. Pianiste reconnu, il semble pourtant ne donner aucun concert public et se consacre à la gestation de grandes oeuvres: les six premiers Quatuors en op. 18, la 1ere Symphonie op. 21 et... le Septuor op. 20 en Mib Majeur pour clarinette, basson, cor, violon, alto, violoncelle et contrebasse.

DavidLeMarrec — 21 juillet 2009

Et ledit septuor sera séduit dans le très beau (et atypique, forcément) trio Op.38, qui figure en revanche, lui, dans les intégrales, même s'il n'est pas aussi célèbre que d'autres.

lolodach — 11 septembre 2012

Peut-on connaître la date du concert ?

DavidLeMarrec — 12 septembre 2012

Bien sûr : 21 avril 1940.

Bonne journée.

Benedictus — 7 janvier 2020

C'est toujours intéressant, ce petit onglet «Antiquités» en haut à droite... J'imagine, vu la date du post original que le lien de téléchargement doit être inactif depuis belle lurette; en revanche, c'est ce que tu avais écrit qui a suscité ma curiosité:

Vous l'entendrez ici dans une version d'une sauvagerie ravissante, avec les détachés omniprésents, si caractéristiques du style de Mengelberg, qui conviennent à merveille à l'écriture par motifs brefs de Beethoven. CSS ne peut qu'être très sensible à la présence très forte des bois dans cette lecture, ou bien à l'urgence avec laquelle les petites figures y sont traitées.

La prise de son, d'une grande présence, rend assez bien les sensations d'impact en concert, très loin des fresques léchées et un peu abstraites que nous proposent les prises de son Decca.


À vrai dire, mis à part, il y a très longtemps, des Mahler des années 20-30 (Adagietto de la 5ᵉ, 4ᵉ en entier), je crois n'avoir jamais écouté d'enregistrements de Mengelberg - je m'imaginais des trucs à la Knappertsbusch, avec du rubato à la louche, une poussée très persuasive dans les bons soirs mais une mise en place un peu désinvolte, le tout capté aléatoirement dans des cathédrales cartonneuses devant un parterre de catarrheux...
Or, d'après ce que tu en dis, ça semble très différent... Tu aurais des recommandations précises?

DavidLeMarrec — 9 janvier 2020

J'aime bien aussi l'idée que tout ce qui est ancien ne soit pas définitivement enfoui, mais aléatoirement accessible…

Les fichiers sur mon serveur restent en principe valides, mais Free a changé sa politique d'hébergement au fil des ans, et on ne peut plus accéder à la racine d'un dossier, il faudrait que je mette les liens individuels. Mais ce n'est pas forcément la peine, désormais tout se trouve très facilement en ligne, entre les sites de flux et les diffusions sauvages sur YouTube… Surtout pour des grands classiques de ce genre.

Mengelberg est effectivement très éloigné de Knappertsbusch : son rubato est au profit d'une avancée très franche, chez lui tout est vif, les phrasés sont très détachés, typiquement ce que tu aimerais, je crois, dans Bruckner (à part son sens de la continuité). Tchaïkovski très allant et sans pathos, par exemple.

Je n'ai pas assez régulièrement fréquenté son legs (cette disjonction entre les phrasés, voire entre les notes, est vraiment étrange, et le confort sonore tout de même inférieur, pour de l'orchestre, aux périodes suivantes), à part son Salve Regina de (Rudolf) Mengelberg avec le Concertgebouworkest, mais tout mérite d'être écouté, et les prises sont en général tout à fait audibles (assez nettes, dans des salles de concert plutôt sèches). En plus maintenant il y a eu tous les restaurateurs de génie du genre Marston ou Obert-Thorn, tu devrais trouver ton compte. Je ne promets pas de révélation, mais ce ne devrait pas te déplaire.

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