Mortier strikes back
Charles Wuorinen a été chargé de composer pour le City Opera de New York (2013) un nouvel opéra d'après la nouvelle d'Annie Proulx : Le Secret de Brokeback Mountain. Evidemment en écho au succès du film, un genre de réaction de l'opéra au monde extérieur qui est fort rare. Ce ne sont pas tant les amours homosexuelles, certes généralement plus allusives, qui existaient déjà dans un certain nombre de livrets et depuis assez longtemps, que la référence à un succès cinématographique populaire qui est censée faire réagir.
On se demandait comment Gérard Mortier, dans un monde où l'opéra n'est pas aussi lié au pouvoir politique, et où la tragédie grecque n'est peut-être pas la référence ultime, parviendrait à gratouiller son public. Nous voilà fixés.
Mortier vous provoquera toujours, où que vous soyez.
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La musique de Charles Wuorinen ressemble assez, côté piano solo, à du Poulenc contemporanéisé. Beaucoup plus recherché dans ses oeuvres orchestrales. En tout cas, une belle palette de couleurs, une musique très accessible, joliment syncopée, qu'on peut découvrir assez abondamment dans la collection dédiée aux compositeurs américains du label Naxos.
Très prometteur pour de l'opéra, sans doute un bon choix.
Écrit par DavidLeMarrec , dans En passant - brèves et jeux
Mais bien sûr que ça va bien se passer les aventures de Gégé à New York. En plus son opéra est en rénovation, il ne va donc y avoir QUE du hors les murs, si ça ne n'est pas le bonheur. Son souci sera peut-être du côté des budgets : il va devoir se serrer un peu la ceinture par rapports à ses habitudes, mais qui sait ? sa défense d'un opéra prolétaire et estudiantin va peut être le déchaîner. Il semble attendu avec beaucoup de curiosité plutôt bienveillante.