CSS au secours des faibles
Aujourd'hui, Vladimir Poutine.
Faute d'avoir le temps de produire un texte un peu soigné et étayé, ce sera dans l'arrière-boutique.
Le Putin-basching [1] actuel est un peu lassant. Les experts cinq étoiles [2] défilent en boucle dans les médias pour expliquer que, décidément, les conditions de la démocratie ne sont pas réunies, que le régime est autoritaire, que le ФедеÑ€а́лÑŒная слу́жба безопа́сносÑ‚и [3] possède le pays tout entier, que le chantage aux hydrocarbures est inadmissible, la rhétorique nationaliste pénible, son application inquiétante. Soit.
Et pourtant ces imbéciles de russes sont toujours fascinés par le pouvoir fort, les pauvres fous. Certes.
Il me semble qu'il manque une petite perspective dans ce raisonnement. Celle vue par les Russes.
Car le régime de Poutine est sans grand doute possible le meilleur qu'ait connu le pays. Du moins si l'on ne remonte pas en deçà du tsarisme :
- tsarisme, régime autoritaire, esclavage (aboli en 1861 seulement) ;
- on passe sur les très courtes tentatives parlementaires de 1917 ;
- communisme, régime tout de bon totalitaire, et toujours miséreux ;
- libéralisation sauvage, peut-être par hâte de rendre tout retour de manivelle impossible, peut-être par opportunisme : libertés retrouvées, mais situation économique catastrophique et misère noire ;
- retour à un certain équilibre, avec un ordre retrouvé ; demeurent de plus grandes libertés publiques, mais si elles se sont beaucoup restreintes, et une meilleure donne économique pour une bonne partie de la population.
En somme, ce qui est inconcevable pour un occidental qui ne fait pas l'effort intellectuel du décentrage, le régime de Poutine peut représenter, aux yeux de celui qui a toujours vécu en Russie, un moyen terme plein de sagesse entre libertés et prospérité. Jamais la Russie n'a connu un régime aussi équilibré.
C'est pourquoi ces anathèmes sont un peu fatigants, et ne donnent pas véritablement à comprendre ce qui est en jeu dans cette popularité. Oui, un personnage infréquentable, un régime corrompu, le culte du chef, le nationalisme belliqueux, les élections truquées, les opposants écrasés. Cependant tout cela à un degré moindre qu'auparavant, parenthèse libérale exceptée, et cela avec une prospérité économique jamais aussi forte (ni aussi bien "redistribuée").
On pourrait peut-être mentionner ces choses, manière de comprendre pourquoi tous les défauts qu'on relèvera à juste titre par la suite sont tolérés sur place. Le contexte, le relativisme culturel, ce peut parfois être utile.
Et, de grâce à nos amis journalistes : merci de varier les formules, surtout lorsqu'elles se parent inopportunément de fausse objectivité.
l'homme fort du Kremlin
Un de plus qui porte des stigmates.
Écrit par DavidLeMarrec , dans Vaste monde et gentils




Tu es bien un garçon sensé en presque toutes choses. Poutine est un authentique poète, comparé à notre NS, en ce sens qu'il sait dire le fond de sa pensée avec la plus grande vérité lexicale ("buter", "chiottes" etc.). De plus, il est balaise en judo, au tir et à la pêche (et il paraît qu'il écoute Чайкoвский dans son walkman).