Carnets sur sol

lundi 18 décembre 2006

A la découverte du LIED - IV - Clara WIECK-SCHUMANN, Fanny MENDELSSOHN-HENSEL, Félix MENDELSSOHN-BARTHOLDY

Trois compositeurs usuellement considérés comme mineurs dans le lied. On discute la question.


3.5. Clara Wieck-Schumann

Imaginez si Chopin, au lieu de mélodies intimistes aux accents populaires, avait écrit du lied de concert. Clara Schumann est dans cette veine - toujours cette fièvre  Schumannienne tempérée par la suprême élégance chopinienne. Sa musicalité fait ici des merveilles.

Comme chez Schumann, le piano, virtuose (plus encore chez elle), est largement autonome. L'art de la mise en atmosphère est sans doute moindre, mais - qu'on me pardonne - l'art de la mise en musique d'un texte est, lui, d'une bien plus grand subtilité. Dans le flux musical qui parcourt le morceau, Clara Schumann ménage des hésitations, des retouches, des redites dont le ton change. Si peu que l'interprète y soit sensible, l'effet est véritablement merveilleux.
Pour autant, l'écriture mélodique est très vocale, avec de belles lignes d'un port admirable.

Clara Schumann n'est décidément pas un compositeur de lied mineur. A titre personnel, j'y suis plus sensible qu'à Schumann, Mendelssohn, Brahms ou Wolf.

[Le disque de Christina Högman chez BIS rend tout à fait justice à cette écriture remarquable.]


3.6. Fanny Mendelssohn-Hensel

L'aînée de Felix a publié un certain nombre de lieder initialement sous le nom de son frère. Malgré sa disparition prématurée, elle laisse un petit catalogue de lieder assez aboutis.

L'écriture vocale en est assez instrumentale, et même dans les poèmes les plus tristes, toujours dépourvue de gravité. Pourvus d'une élégance plus modeste que la virtuosité flamboyante, l'oeillade enflammée de Clara.

On peut trouver un petit côté inoffensif à ces lectures musicales qui ne sondent jamais beaucoup plus loin que la bienséance les affects contenus dans les poèmes. Il est vrai que l'individualité de chaque atmosphère est peut-être moins réussie que chez d'autres, que le détail du texte passe un peu à la trappe.
Il n'en demeure pas moins que l'inspiration musicale est de très belle facture, et on peut difficilement y rester insensible.

[De même, Christina Högman tire le meilleur de ces pièces.]


3.7. Felix Mendelssohn

Dans le domaine vocal, Mendelssohn a plus brillé par sa musique religieuse (les incontournables Elias et Paulus, les Psaumes suprêmes) ou par sa musique de scène (Le Songe d'une Nuit d'Eté, Antigone, Oedipe à Colone et Athalie) que par ses opéras (Die Hochzeit des Camacho Op.10, opéra comique en deux actes et Heimkehr aus der Fremde Op.89, liederspiel en un acte, sont, disons, des réussites relatives) ou ses lieder.

L'écriture 'liederistique' de Mendelssohn est d'une grande naïveté, aussi régulière que ses Lieder ohne Worte ("Romances sans paroles"), tout autant dépourvue de surprises et de relief. Pour un résultat, on s'en doute, assez distant du texte.

Il faut connaître pour compléter sa connaissance de Mendelssohn, mais il y a plus intéressant à fréquenter : Zelter, Fanny Hensel, Loewe...


4 roulades

kfigaro — 20 décembre 2006

A part un lied de Fanny (que j'avais apprécié), je ne connais hélas pas grand chose sur le sujet (du moins pour le moment) :(

HS : j'ai fait de la pub pour toi ici :
http://www.mezetulle.net/article-1341888-6.html#anchorComment

A + cher David... ;) et passe de bonnes fêtes.

DavidLeMarrec — 20 décembre 2006

Bonjour Christian !

Tu devrais essayer Alma Mahler, avec des harmonies vénéneuses, c'est très impressionnant.

Et ta publicité a forte allure... dans les signets de Catherine Kintzler, ma foi, on ne se plaindra pas !
Merci Christian. ;-)

Je vois que tu as repris les hostilités de plus belle chez toi ! Il va falloir suivre et ne pas rater les jolis oiseaux, cette fois ! ;)

kfigaro — 20 décembre 2006

Je vois que tu as repris les hostilités de plus belle chez toi ! Il va falloir suivre et ne pas rater les jolis oiseaux, cette fois ! ;)


Oui mais le public ne suit hélas pas... :( je suis en train de réfléchir à une nouvelle mise en page totalement différente.

DavidLeMarrec — 20 décembre 2006

Laisse-leur le temps de revenir, tout le monde te croyait enterré pour des mois. :-)

Et là, tu vas vers une période très creuse, fin décembre. Tu auras plus d'effet en janvier. ;)

Les commentaires sont clos sur le site archivé.

Pour ajouter votre commentaire, envoyez-le ici. Je le publierai à réception. (Sauf mention contraire, bien sûr.)