Le disque du jour - VIII - Le Requiem d'Antonin Dvořák
Créée en 1890, l'oeuvre recèle un large potentiel dramatique (pour la Séquence) et poétique (à partir de l'Offertoire).
Un des Requiem les plus denses qu'on puisse rêver.
Deux versions particulièrement suggestives :
Gabriela Benackova (soprano)
Brigitte Fassbaender (alto)
Thomas Moser (ténor)
Jan-Hendrik Rootering (basse)
Philharmonie Tchèque et ses Choeurs
Wolfgang Sawallisch
Label Supraphon
Version presque opératique, d'un potentiel dramatique saisissant, d'une majesté et d'une force dans l'imprécation qui parcourt la Séquence assez étonnantes.
Elisabeth Rose (soprano)
Gertraud Prenzlow (alto)
Peter Schreier (ténor)
Theo Adam (basse)
Choeurs et Orchestre Symphoniques de la Radio de Berlin.
Karel Ančerl
Label Forlane
Cette version, au contraire, est d'une densité poétique ineffable, avec une seconde partie suspendue, attentive aux timbres et aux atmosphères.
Attention : il existe une version Ančerl avec la Philharmonie Tchèque (chez Supraphon), plus commune, et dans une restauration massacrée pour ce qui est de la dernière réédition (la collection Ančerl Gold, à éviter absolument pour cette raison). Et Dieu sait que je ne suis pas regardant sur les prises de son... Le filtrage pour rajeunir la bande a totalement délavé les timbres, qui sonnent clairs, étriqués, stridents, comme après une compression extrême.
C'était la courte contribution du jour, un rien hâtive, j'en conviens.
Écrit par DavidLeMarrec , dans Le disque du jour
honte sur moi (une fois de plus ;-))... j'adore Dvořák depuis l'adolescence, et j'ai jamais été fichu d'écouter ce "Requiem", je ne connais pour le moment que ses "tubes" (et encore très très peu d'entre eux...) - ça donne vraiment envie de m'y remettre. Je note en tout cas :), car je pense que ma médiathèque doit avoir ça cette fois, je vais chercher samedi...
PS et hors sujet total : j'ai (enfin) acheté et écouté "Schneewittchen" de Heinz Holliger dont tu avais si bien parlé jadis (je ne sais plus où, le site à disparu) - de très belles ambiances orchestrales et de superbes climats (j'adore l'harmonica de verre - on en entend très très peu dans les opéras), j'ai un peu moins accroché à la mélodie vocale - un peu trop bergienne, je ne sais pas... :? (ça doit être ma déformation française et "intimiste")