Carnets sur sol

mercredi 12 juillet 2006

Werther à Bordeaux - II

Après avoir évoqué les quelques points lumineux qui ont sauvé cette soirée bien terne, je ne me sens guère, vous l'aurez noté, de parler des difficultés scéniques et vocales de Gilles Ragon, égaré dans ce rôle, des problèmes de Lola Casariego (technique et diction déjà médiocres pour une étudiante de conservatoire), ou de ceux des choristes solistes (même pas audibles a capella dans un si petit théâtre), des contresens de la mise en décors scène... A quoi bon ? Plutôt que d'égrener des détails pénibles - à écrire et, si jamais ils tombaient ici, cruels à lire -, mieux vaut chanter les louanges de qui séduit, ou proposer des choses plus substantielles.

Sur la liste des louanges en attente, Nicolas Testé dans Ropartz, Jérôme Varnier dans le Requiem de Mozart, Blandine Staskiewicz & Cyril Auvity à nouveau...

Et la liste des oeuvres à commenter, ne l'évoquons même pas.

Aussi, cette seconde partie du compte-rendu ne viendra probablement pas.

8 roulades

kfigaro — 13 juillet 2006

mon oeuvre préféré de Massenet (du moins dans le peu que je connais de ce compositeur), en dehors de certaines facilités mélodiques (qui sont encore plus criantes sur "Manon"), on trouve de délicieuses romances très douces et tendres qui ont sûrement profondément influencé l'écriture du Debussy de jeunesse (comme la "Petite Suite" par exemple), très bel opéra en tout cas (je l'ai découvert (seulement) hier soir mais mieux vaut tard... ;-))

DavidLeMarrec — 13 juillet 2006

Dans quelle version ?

Il y a des choses encore plus saisissantes dans Massenet, on en parlera si tu veux. Panurge par exemple.

Je visite très peu les voisins en ce moment, période paradoxalement chargée... Mais je te lis. :-)

Authueil — 13 juillet 2006

Je me rappelle être allé voir Werther de Massenet, à Rennes, il y a une dizaine d'années. Je ne suis pas retourné à l'opéra depuis. A l'époque, je n'avais pas été convaincu, sauf d'une chose, c'est que le français n'est pas une langue d'opéra. J'avais nettement préféré le barbier de Séville de Rossini (en italien), vu dans le même théatre quelques temps plus tôt.

DavidLeMarrec — 13 juillet 2006

C'est une impression d'étrangeté qu'on peut rencontrer, en effet. Ce français si familier tout à coup déformé, mis en lumière d'une façon toute impudique.
Il y a aussi un problème récurrent chez Massenet de prosodie du français, très uniforme, et dont il ne se tire pas toujours bien (plutôt bien dans Werther, néanmoins c'est sensible aussi).

Mais assurément, le français est une langue d'opéra ! A mon sens, bien plus que l'italien, pour une raison simple.

L'italien "chante" naturellement lorsqu'il est parlé, en cela la mise en musique n'est pas une plus-value, contrairement au français. Et surtout, le nombre des voyelles en italien est trois fois inférieur aux françaises, ce qui signifie une moins grande richesse sonore.

Pour s'en convaincre, quelques médications :
- La tragédie lyrique. Par exemple Callirhoé de Destouches qui devrait sortir à la rentrée.
- Meyerbeer. Allemand d'origine néerlandaise qui a fait ses classes en italie, et traite le français d'une façon extrêmement chantante, justement. Les récitatifs des Huguenots sont très éloquents à ce titre. (Diederich chez Erato si ça se trouve encore, ou Bonynge chez Decca)

Les adaptations d'opéras italiens en français sont généralement plus concluantes que l'inverse pour cette même raison de diversité vocalique. Et aussi à cause d'une ligne de chant plus rectiligne difficile à imposer à l'italien.


Mais l'opéra italien a quelque chose de plus accessible, d'immédiatement séduisant que l'opéra germanophone ou francophone, aussi pour des raisons d'écriture musicale.

Lorsqu'on assiste à une représentation, cela dépend aussi infiniment de la qualité de ce qui est donné...

Ouf — 13 juillet 2006

La modestie de David l'aura empêché de mentionner son (premier, en attendant la suite...) article massenetien sur le forum de Xavier :
http://classik.forumactif.com/viewtopic.forum?t=792

Pour ma part, mon opéra préféré est sans doute Cendrillon, un savoureux et parfait mélange de féérie, de comique théatral et de tendresse, servi, qui plus est, par une distribution superlative chez Sony Classical.

DavidLeMarrec — 14 juillet 2006

Ma modestie agonise méchamment. Impossible incognito, rattrapé par les siens. <[:-D

Il s'agit plus d'un catalogue succinctement commenté que d'un article digne de ce nom, mais je suis flatté que le spécialiste du genre m'en fasse l'honneur.

Elemer qu'on voit danser — 7 janvier 2009

J'accuse publiquement David d'avoir machiné l'éviction de Lola Casariego de la prochaine production de Poppée à Bordeaux en juin !
C'est finalement Roberta Invernizzi qui doit être distribuée en Octavie. Si c'est pas malheureux ...

DavidLeMarrec — 7 janvier 2009

J'ai beau ne pas être parmi les plus éperdus de Mlle Invernezzi, il n'y a pas de doute, tu ne sais pas ce que tu gagnes.

(Je ne me souvenais pas que j'avais écrit ça, je croyais que j'avais été plus discret dans ma prétérition.)

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