Carnets sur sol

vendredi 23 décembre 2005

Décompte II

Trois points aujourd'hui, mais en trichant un peu.

Après le succès fulgurant de ce carnet de Toile, qui a permis de chasser les stigmates et les crucifixions des radios publiques de langue française, on en est réduit, pour remplir son escarcelle, à fouiner dans les archives.

Ainsi, le 12 décembre, Patrice Gélinet a gagné deux points. Stigmatiser à l'infinitif, et à la deuxième personne du pluriel du présent de l'indicatif actif. En l'espace de cinq mots, grâce à une habile reprise.

Pourquoi en parler ? Parce que c'est une très jolie illustration de l'emploi inversé du verbe, tel que décrit dans la note initiale. Alain-Gérard Slama, vous stigmatisez cette position communautaire, nous disait-on en substance. Ainsi, par un renversement analogique, l'opprobre n'est plus portée par le bourreau qui inflige la marque, comme dans les Ecritures, mais par celui qui porte le signe de son erreur, hautement symbolique (enfin, pour le peu qu'il en reste) mais qui n'est plus valorisé que pour celui qui l'applique.

On notera, misère des misères, que même les meilleures plumes lyricophiles sont contaminées :

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Bon, ils faudrait qu'eux aussi me lisent, je ne vois que cette solution.

3 roulades

DavidLeMarrec — 23 décembre 2005

On dirait que personne ne se rend compte que ce mot devient ridiculement vide de sens et de force, et qu'on croit toujours parler élégamment en l'employant. Il faut faire quelque chose !
Bon, ce n'est pas pour me répéter, mais il faudrait qu'ils me lisent, je ne vois que cette solution... Et qu'on cesse d'assassiner tout ce lexique religieux.
Mais c'est aussi tout bêtement un symptôme de la sécularisation des esprits. Bon, on va le prendre comme tel.

Friedmund — 7 février 2007

Les plumes lyricophyles, crucifiées, indiquent marquer une vraie prise de conscience face à cette dérive sociétale, et s'engagent à dégager les moyens nécessaires à une décrossance significative de l'abus en question que tu pointes sous les feux médiatiques de ce nouveau continent qu'est la toile.

La commission LeMarrec est priée de rendre son rapport fréquent sur les abus les plus significatifs.

DavidLeMarrec — 9 février 2007

Oh, mais comme indiqué, les choses sont en sensible déflation.

Nous sommes déjà à pourfendre d'autres démons presque aussi féroces.

Nous songeons par ailleurs à modifier le frontispice de CSS avec ce remarquable Dominichino de 1610 :

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